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« Depuis toujours, j’aime la dégustation et la gastronomie.
Le vin fait partie de mon histoire familiale depuis trois générations.
Le domaine ne m’était pas destiné mais la passion m’a ramené à mes racines de vigneron et en 1987, j’ai repris le domaine familial. »
Racines familiales
« Depuis trois générations, le vin a toujours fait partie de mon histoire familiale paternelle et maternelle. Mon grand-père paternel démarre l’exploitation en 1920. En 1947, il vend son vin en bouteilles. En 1960, mon oncle Antoine Cuilleron devient gérant du domaine appartenant à mon grand-père paternel. En 1987, quand j’ai repris à mon tour l’exploitation, j’ai choisi de m’installer à Verlieu, sur les terres maternelles.
Éducation et copains
« Pour être franc, je me destinais à la mécanique plutôt qu’au vin. Mais c’était sans compter ma solide éducation familiale où le vin et la cuisine occupaient une place de choix. Des années plus tard, j’ai fait mon service militaire en Alsace et là, au fil des dégustations et des restaurants avec les copains, j’ai eu un vrai déclic pour le vin ! Quand mon oncle a pris sa retraite, mes parents, faute de successeur, ont songé à vendre le domaine. Je n’ai pas hésité une seconde. Le vin m’avait ramené à la vigne. Il n’était plus question pour moi de faire autre chose que vigneron. »
« La passion sans exigence ne suffit pas. J’ai donc voulu tout comprendre et tout maîtriser. Pour que mes vins soient « 100 % maison », j’ai refusé le prêt-à-penser et j’ai refusé aussi de copier les autres. Depuis toujours, je suis personnellement chaque étape de la production, du ceps de vigne à la mise en bouteille. Ce souci d’exigence m’a poussé aussi à réfléchir constamment à mon outil de travail. C’est pourquoi une nouvelle cave a été construite à Verlieu en 1992, puis agrandie en 1999. En 2007, un vaste programme d’agrandissement et de construction a vu le jour. Tout a été repensé : bâtiments de vinification, d’élevage, de stockage et d’accueil. Bref, rien n’échappe à ma réflexion : c’est le prix de la qualité. »
Lieu remarquable
Le Rhône septentrional : une terre de vin rythmée par un fleuve. Le fleuve est un pli de terre qui entoure le vignoble et lui donne son authenticité, son point d’origine. Des gorges étroites, des pentes abruptes, des terrasses impressionnantes. Dans cette géographie imposante, la vigne tient sur ses pieds pour offrir des vins somptueux. Le Rhône a donné au vigneron son port d’attache et le vignoble prend sa source sur cet exceptionnel rivage.
Terroirs exceptionnels
La nature ne fait jamais rien par hasard. Sur cette partie escarpée de la Vallée du Rhône, les premières empreintes de feuilles de vigne remontent à 7 millions d’années. Vienne était déjà célèbre pour ses vins dès le IIème siècle avt J.-C. La vigne a poussé sur les hauteurs, là où la terre était la plus maigre. On y trouve une belle unité géologique à dominante granitique. Rive droite (Côte-Rôtie), les gneiss et micaschistes signent les paysages abrupts ; les granits et alluvions (Condrieu et Saint-Joseph) signent les paysages plus arrondis. Rive gauche, on trouve le même sous-sol dans la partie centrale du vignoble. Au Nord et au Sud, il est davantage assis sur des terrasses alluviales quaternaires constituées de sédiments argileux pliocènes ou miocènes.
Viticulture pointue
Yves Cuilleron refuse le « prêt-à-penser ». Sa vision de la viticulture est toute personnelle : ni conventionnelle, ni bio, ni biodynamique. Sa philosophie est simple : « Produire les meilleurs raisins possibles ». Il pratique donc une viticulture « raisonnable » où l’observation est déterminante. Il surveille particulièrement la vigueur de la vigne, qui doit être ni trop forte ni trop faible. Bien maîtrisée, elle donne des raisins plus concentrés et mieux équilibrés. Tous les travaux de la vigne indispensables à la qualité des raisins sont mis en œuvre : plantations du cépage viognier issues exclusivement de sélections massales provenant des vignes familiales ; plantations du cépage syrah
issues de clones qualitatifs et de sélections massales provenant des vignes familiales ; densité de plantation élevée ; vendanges vertes ; effeuillage. Yves Cuilleron tient aussi à respecter l’équilibre des sols. Il a donc conservé la pratique de son oncle Antoine : zéros insecticides, 3 à 5 traitements par an maximum et des engrais organiques en faible quantité.